• December 1, 2023

Ernest AHIPPAH

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Ernest AHIPPAH

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1947-2018

Conteur, musicien, acteur de la vie sociale
Section 8 Rang 8 Tombe 13

Ernest Ahippah est né à Jacqueville, petite ville du bord de mer en Côte d’Ivoire, le 15 janvier 1947. À cette période, la décolonisation n’a pas eu lieu, et la Côte d’Ivoire est donc française. Il grandit dans sa ville natale, puis la quitte, jeune adulte, pour Bouaké, au centre du pays, où il devient imprimeur-typographe dans une entreprise. Il y rencontre le propriétaire d’une société diamantifère, qui lui tend sa carte de visite avec une adresse en France qui lui donne l’envie d’y partir.

Mais d’abord, il va quitter la Côte d’Ivoire pour Dakar au Sénégal, où il restera 7 mois. Un jour, il entre dans une librairie, ouvre un livre au hasard. Y sont indiquées les coordonnées d’un imprimeur en France : l’imprimerie Buissières, à Saint-Amand-Montrond, dans le Cher. Ernest écrit alors au patron pour lui proposer ses services en tant qu’ouvrier-typographe. Dix jours plus tard, il reçoit « une lettre de bienvenue, des billets de bateau et de train », selon ses souvenirs. Il débarque alors en France le 7 octobre 1972, et intègre l’entreprise familiale, où il est bien reçu. Il y restera deux années.

En 1974, il prend des vacances, direction la Bretagne, dont il a beaucoup entendu parler. Au programme, Guérande, Carnac… Il tombe littéralement amoureux de la région, de la mer qui lui rappelle son pays, des coutumes, des légendes…. Il se sent très proche de cette culture bretonne.  Il va alors arpenter la Bretagne, réaliser un reportage pour ses compatriotes, qu’il appellera « Émerveillement d’un africain-ivoirien en France ». Il s’arrête à Rennes, chez un ami. Il y achète le journal et découvre une offre d’emploi de typographe dans cette ville. Il postule, est embauché, et s’installe définitivement dans la capitale bretonne.

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Ernest Ahippah ne se limite pas à travailler dans une imprimerie. Il va profondément intégrer le tissu social rennais, d’abord en encadrant les adolescents chez les scouts, durant son temps libre, puis en intervenant dans les écoles locales, les centres spécialisés. Il présente sa culture ivoirienne, raconte des histoires, joue de la musique, danse…. 

Il va d’ailleurs développer ses connaissances des danses et musiques africaines. il apprend, se forme, et va bientôt apprendre aux autres, à la demande d’amis tout d’abord, puis de façon plus professionnelle.

Avec les années, il va quitter son emploi d’imprimeur pour se consacrer à la transmission culturelle. Il devient danseur, musicien, conteur, professeur, écrivain.

En 1980, il crée une association à Rennes : « Bretagne – Côte d’Ivoire », qui construit des projets culturels, sociaux, de coopération et de développement. Il continue également à découvrir la Bretagne, en particulier le monde rural mais aussi les fest-noz … Il rencontre, à Rennes comme ailleurs, des chanteurs locaux, participe à des festivals de la francophonie, devient progressivement un véritable ambassadeur de la culture africaine à Rennes.

En 1984, il lance son premier stage de danse africaine. C’est un succès. En 1990, il lance  » l’Appatame « , école de danse et de musique mais aussi centre d’animation africaine. Il accroit ses connaissances pour transmettre la culture ivoirienne toujours plus et toujours mieux. Pendant dix-huit années, il gère un lieu de 500m² avec jusqu’à 9 salariés. Il se produit également avec ses groupes de musique, « Aïpa’Atout » et  » Akwaba « .

En 2002, c’est l’Institut Mond’Afrique qui ouvre ses portes, et s’ajoute à l’association « Bretagne – Côte d’Ivoire » et à  » l’Appatame « . Il finira par rassembler ces trois pôles à travers  » FEDINPA, Fédération d’Initiatives Panafricaines  » dans un esprit de partage des cultures bretonne et africaine.

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Puis Ernest Ahippah se met à écrire, ce qu’il voulait faire depuis très longtemps. Plusieurs ouvrages en découlent, des livres jeunesse : Un petit garçon trop pressé (2001), et Un petit garçon trop fanfaron (2008). Il produit 2 albums de musique : Moboukroulo et Ankafifilo. Il participe à 2 courts métrages : Frères Lumières et La Magie du Spectacle. 

De 2002 jusqu’à 2017,  Ernest Ahippah a participé à de nombreux projets à l’international, que ce soit dans le cadre de la Francophonie en France, en Roumanie de nombreuses années, en Bulgarie, en Espagne, ou dans le cadre de missions liées à la coopération décentralisée en Roumanie et à la coopération bilatérale France-République Démocratique du Congo.

Il intervenait en tant qu’artiste musicien et conteur lors d’animations au cours desquelles il partageait auprès des jeunes et des enseignants son amour des mots, de la poésie, il mettait en scène avec un énorme talent le message du respect de la diversité et de la richesse des cultures. Son travail a été guidé vers la fin par son engagement à développer auprès des jeunes l’ouverture vers le monde et vers la tolérance.

Ses dernières années ont été plus difficiles. L’Appatame ferme et Ernest Ahippah combat une longue maladie. Selon ses proches, de tout temps, celui qui se surnommait lui-même « le breton calciné » est resté un personnage solaire, toujours souriant, chaleureux, et doté d’une joie de vivre remarquable.

Ernest Ahippah s’éteint en 2018 à l’âge de 71 ans. Pour honorer sa mémoire, l’association FEDINPA est aussitôt renommée FEDINPAHIPPAH. Il restera sans conteste l’une des grandes figures de la culture africaine à Rennes.

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Source: https://cimetieres.rennes.fr/accueil/patrimoine/cimetieres_rennais/13_633/ernest_ahippah

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